Chabreloche : histoire, légende et toponymie

   

D’après Raymond Becquevort : Arconsat et Chabreloche (Cercle occitan d’Auvergne, Clermont-Ferrand)

Les premiers textes faisant état de ce nom de lieu sont les actes de catholicité d’Arconsat de 1754 et 1755 : à côté de « lieu de Clermont » ou
« Clermont-de-Celles » est noté : « Chabreloche » ; en 1757 on trouve :
« Lieu de Clermont dit Chabreloche » ; entre 1760 et 1770, « Chabreloche » évince définitivement les désignations antérieures.

Comment s’expliquent ces noms successifs ?

« lieu de Clermont » ne signifie pas que le lieu est sur une hauteur (clair mont), puisque nous sommes au fond d’une vallée : cela signifie « lieu où l’on passe pour aller à Clermont ». « Lieu de Clermont » a été simplifié en
« Clermont » et pour lever toute ambiguïté on a ajouté « de Celles », nom de la paroisse voisine.

Rapidement, ces noms ont disparu en faveur de « Chabreloche », qui ne prête à aucune confusion, par rapport à « Clermont » ou »Celles ». D’où la formule : « lieu de Clermont DIT Chabreloche ».

La légende de Mandrin

On a voulu voir dans ce nom deux mots patois : chabre (chèvre) et oche (oie). Une tradition locale en attribue la paternité au bandit Mandrin qui se serait restauré de « chabre » et d’ « oche » dans une maison de l’endroit.

Encore que Mandrin, faisant étape de Roanne à Thiers le 10 octobre 1754, soit probablement passé par Chabreloche, l’anecdote est forcément légendaire car il existe un autre Chabreloche, écart de la commune de Saint-Laure, qui n’a rien à voir avec Mandrin.

Le premier élément : « chabre » est issu de cham(p) ; le deuxième :
« oche » est à rapprocher de « ouche », vieux terme rural qui désigne de bonnes terres, généralement au voisinage de fermes et villages. Chabreloche veut donc dire : « champ près l’oche ». Une fois ce sens du mot « oche » tombé dans l’oubli, il a été confondu avec le mot patois qui désigne l’oie, et l’esprit populaire a trouvé une compagne à cette oie sous la forme d’une chèvre.

Mais c’est une plaisante histoire, à laquelle les incursions de Mandrin dans la région ont pu donner foi, et que les Chabrelochois ont inscrite avec malice à leur patrimoine légendaire.

 


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